Dépollution de l’eau potable : l’État lance une mission pour trouver 100 milliards d’euros de financement

Par Alexandre Foumangoye |

Face à l'ampleur de la pollution de l'eau potable par les PFAS et les pesticides, le gouvernement a lancé une mission d'inspection interministérielle chargée d'élaborer un plan de financement de la dépollution. Les enjeux financiers sont colossaux : jusqu'à 100 milliards d'euros par an à l'échelle européenne selon les premières estimations.

Dépollution de l’eau potable : l’État lance une mission pour trouver 100 milliards d’euros de financement

Face à l’ampleur de la pollution de l’eau potable par les PFAS et les pesticides, le gouvernement a lancé une mission d’inspection interministérielle chargée d’élaborer un plan de financement de la dépollution. Les enjeux financiers sont colossaux : jusqu’à 100 milliards d’euros par an à l’échelle européenne selon les premières estimations.

Quatre agences mobilisées sur un défi pharaonique

Pas moins de quatre agences gouvernementales se mobilisent pour cette mission pour l’eau : l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’Inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER).

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la gravité de la situation et de la complexité du défi à relever. La mission « doit éclairer la question des scénarios de dépollution et des coûts associés », a indiqué le ministère de l’Économie, conformément aux annonces gouvernementales de fin octobre 2025.

Des dépassements de normes de plus en plus fréquents

Dans leur lettre de mission, les ministères de tutelle soulignent que ces dernières années, l’évolution des valeurs de référence et l’augmentation du nombre de paramètres analysés dans le cadre du contrôle sanitaire « ont permis de mettre en évidence des dépassements, parfois significatifs, des limites de qualité des eaux distribuées ».

La dernière évolution réglementaire, entrée en vigueur début janvier 2026, impose le contrôle de 20 PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) dans l’eau potable. Ces molécules chimiques, surnommées « polluants éternels » en raison de leur extrême persistance dans l’environnement, inquiètent fortement les scientifiques par leurs effets potentiels sur la santé.

Conformément à la réglementation européenne, le seuil se fixe à 0,1 microgramme par litre pour la somme de ces 20 PFAS. Avec cette nouvelle norme stricte, « ces situations de non-conformité vont se multiplier », prévient le gouvernement.

Des conclusions attendues pour mars 2026

La mission doit rendre ses conclusions d’ici la fin du premier trimestre 2026. Ces recommandations seront scrutées de près par l’ensemble des acteurs du secteur de l’eau, conscients que les décisions prises détermineront la capacité de la France à garantir l’accès à une eau potable de qualité pour les décennies à venir.

L’enjeu dépasse la seule dimension financière : il s’agit de la santé publique et du droit fondamental à l’eau potable pour tous les citoyens.