Auvergne-Rhône-Alpes franchit le cap du milliard de kWh de gaz vert injecté

Par Nathan Guillemant |

La région Auvergne-Rhône-Alpes a franchi le cap du 1 térawattheure (TWh) de gaz vert injecté dans le réseau de distribution GRDF. Cette étape témoigne de la mobilisation des agriculteurs, collectivités et entreprises locales pour accélérer la transition énergétique.

Auvergne-Rhône-Alpes franchit le cap du milliard de kWh de gaz vert injecté

L’équivalent de 250 000 foyers alimentés

1 TWh de gaz vert représente la consommation annuelle de 250 000 foyers chauffés au gaz ou de 4 000 bus roulant au BioGNV. La méthanisation des déchets organiques produit ce gaz renouvelable localement. Les réseaux l’injectent ensuite pour remplacer le gaz fossile et alimenter logements, industries et mobilités.

73 sites de production en service

La région compte aujourd’hui 73 sites de production :

  • 49 unités de méthanisation agricole
  • 17 stations d’épuration
  • 3 sites industriels
  • 1 site de traitement des déchets ménagers
  • 3 sites ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux)

Cette diversité de gisements montre l’adaptation de la production de gaz renouvelable au territoire régional.

Une filière durable et en plein essor

La région limite les cultures dédiées à la méthanisation à 3 %, bien en deçà du plafond réglementaire de 15 %. Cette approche confirme la durabilité de la filière. 100 projets attendent leur mise en service. Auvergne-Rhône-Alpes vise 2 TWh d’ici 2030.

Des entreprises régionales innovantes soutiennent la filière : WAGA Energy, METHALAC, SEYA, PRODEVAL et DELTALYS. Elle a généré 286 millions d’euros de chiffre d’affaires en région en 2024, sur un total national de 1,1 milliard d’euros. Auvergne-Rhône-Alpes concentre 23 % des emplois de la filière française. 6 000 recrutements interviendront d’ici 2030.

De la cogénération à l’injection

Un arrêté publié en septembre 2025 facilite la conversion des sites de méthanisation en cogénération vers l’injection de gaz vert dans les réseaux. Ces sites produisent aujourd’hui de l’électricité à partir du biogaz. En Auvergne-Rhône-Alpes, 65 sites pourraient effectuer cette transition. La filière estime qu’elle pourrait atteindre 4 à 5 TWh de conversion.

Un atout pour les JOP 2030

À cinq ans des Jeux Olympiques et Paralympiques, 1 % de la production actuelle de gaz vert en Auvergne-Rhône-Alpes suffira pour acheminer 1 million d’athlètes et spectateurs jusqu’aux sites olympiques avec des transports décarbonés au BioGNV. La production régionale aura doublé d’ici là. Le BioGNV réduit de 80 % les émissions de CO₂ et de 90 % les particules fines.